80 ans Lann Bihoué

Les 9 et 10 mai 2026, la Base d'Aéronautique Navale (BAN) de Lann-Bihoué, dans le Morbihan, a célébré en grande pompe le 80ᵉ anniversaire de sa création. Pour l'occasion, la Marine nationale avait réuni un plateau aérien particulièrement ambitieux, rassemblant près de 75 aéronefs militaires et civils issus de cinq nations. Malgré une météo capricieuse, le public est venu en nombre assister à l'un des grands rendez-vous aéronautiques de l'année en France.

L'Aéronautique navale à l'honneur

Créée officiellement en 1946, la BAN de Lann-Bihoué s'est imposée au fil des décennies comme l'une des bases majeures de l'Aéronautique navale française. Spécialisée dans la patrouille maritime (PATMAR) et la surveillance maritime (SURMAR), elle joue un rôle essentiel dans les missions de renseignement, de surveillance des approches maritimes, de recherche et sauvetage (SAR), de lutte contre les activités illicites ainsi que de soutien aux opérations navales et interarmées.

La base accueille notamment les flottilles 21F et 23F, équipées d'Atlantique 2 au standard 6 pour les missions de patrouille maritime, la flottille 24F sur Falcon 50M dédiée à la surveillance maritime, la flottille 4F sur E-2C Hawkeye, avion de guet aérien embarqué à bord du porte-avions Charles de Gaulle, ainsi que la flottille 28F sur Xingu pour l'entraînement des équipages et les missions de liaison. Ce meeting était l'occasion de rendre hommage aux générations de marins, d'aviateurs et de personnels civils qui ont contribué à faire de Lann-Bihoué l'un des piliers de l'Aéronautique navale française.

Pour cet anniversaire, la Marine nationale avait vu les choses en grand. L'Aéronautique navale occupait naturellement le devant de la scène avec un plateau presque représentatif de l'ensemble de ses moyens aériens. En vol comme en exposition statique, le public pouvait ainsi découvrir le Rafale Marine, le NH90 Caïman Marine, le Dauphin, le Falcon 10M ainsi que l'ensemble des aéronefs basés à Lann-Bihoué, à l'exception du Hawkeye.

L'Armée de l'Air et de l'Espace participait également à la fête avec un Rafale B, tandis que les Alpha Jet de la Patrouille de France ont offert l'une des démonstrations les plus attendues du week-end.

Rencontre avec le capitaine Jayson, pilote de la Patrouille de France

Avion du CNE Jayson, N°7 pour la saison 2026

Lors du show les Alpha Jet de la Patrouille de France arboraient une dérive spéciale pour la saison 2026. Imaginée par Régis Rocca, cette décoration célèbre le 250ᵉ anniversaire de l'indépendance des États-Unis, où la Patrouille était attendu dès le 3 juin pour une tournée exceptionnelle. « Les décos sur les dérives sont des stickers . Pas de peinture pour des raisons de praticité », nous explique le capitaine Jayson, actuel extérieur gauche de la formation.

EOPN, ancien pilote de Mirage 2000, d’Alpha jet puis de Rafale à Saint-Dizier, il rappelle que la Patrouille accueille chaque année trois nouveaux pilotes. « Nous recrutons avant tout un profil capable de s'intégrer au groupe. Les nouveaux suivent ensuite près de six mois d'entraînement, soit environ 150 vols, avant d'être pleinement opérationnels. »

Malgré un programme très codifié, la démonstration continue d'évoluer. « Chaque année, nous essayons d'apporter une nouveauté. L'arrivée dos au public, par exemple, est venue moderniser l'ouverture de la présentation », conclut-il.

Des invités de prestige

À cette forte représentation nationale s'ajoutaient plusieurs délégations étrangères venues enrichir un plateau déjà exceptionnel.

La Grèce était sans conteste l'invitée vedette de cette édition avec deux F-4 Phantom II des forces aériennes Grecques. Devenus particulièrement rares sur le circuit européen des meetings, ils ont attiré tous les regards, aussi bien lors des démonstrations en vol qu'en exposition statique.

L'Allemagne n'était pas en reste avec la présence d'un Panavia Tornado de la Luftwaffe, autre appareil emblématique de plus en plus rare à observer , accompagné d'un hélicoptère AS532U2 Cougar. 

Le plateau international était complété par un F-16 Fighting Falcon belge, un L-410 Turbolet lituanien ainsi que deux AW159 Wildcat HMA2 de la Royal Navy, successeurs du célèbre Lynx. Une présence britannique particulièrement appréciée, qui renforçait encore la dimension résolument européenne de cette édition.

L’histoire de l’aviation mise en avant

Le patrimoine aéronautique était bien représenté avec plusieurs habitués des meetings français, parmi lesquels le Tracker, le P-51 Mustang, le Spitfire et le Nord 2501 Noratlas. L'association Cocardes Marine présentait également plusieurs appareils emblématiques de l'Aéronautique navale française : le Fouga CM.175 Zéphyr, le Morane-Saulnier MS.760 Paris et le Bréguet Alizé, ancien avion embarqué de lutte anti-sous-marine.

Tout au long du week-end, les démonstrations en vol se sont succédé à un rythme soutenu, alternant présentations dynamiques et évolutions tactiques. Les appareils exposés au sol permettaient d'approcher des machines rarement visibles d'aussi près et d'échanger avec leurs équipages. Cette proximité avec les personnels navigants constitue l'un des principaux atouts des meetings organisés sur les bases militaires, offrant une immersion unique dans l'univers de l'aéronautique de défense.

Un anniversaire pleinement réussi

Au-delà des présentations aériennes, un vaste village d'exposition rassemblait industriels de la défense, associations aéronautiques et partenaires de la Marine nationale. Le Bagad de Lann-Bihoué a également animé les allées tout au long du week-end, apportant une touche résolument bretonne à cette célébration.

Par la qualité de son organisation, la richesse de son plateau aérien et la présence d'appareils devenus rares sur le circuit des meetings européens, cette édition s'impose comme l'un des temps forts de la saison aéronautique 2026. Organisé à l'occasion des 80 ans de la BAN de Lann-Bihoué et inscrit dans les célébrations des 400 ans de la Marine nationale, ce meeting a parfaitement illustré les capacités, le savoir-faire et l'ouverture internationale de l'institution. Malgré une météo capricieuse, le succès populaire de l'événement confirme l'attachement du public à l'aéronautique navale. Une édition pleinement réussie, qui restera comme l'un des rendez-vous incontournables de la saison aéronautique 2026.






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