Garuda 2025

Mont-de-Marsan, novembre 2025
L’Armée de l’air et de l’espace organise, du 12 au 26 novembre 2025, l’exercice Garuda 25, un entraînement bilatéral majeur conduit en coopération avec l’Indian Air Force.

Véritable institution dans les relations de défense entre la France et l’Inde, l’exercice Garuda est organisé régulièrement depuis 2003. Il alterne entre les deux pays et vise à renforcer la coopération opérationnelle entre leurs forces aériennes.

Pour cette édition 2025 ,huitième du nom, les opérations se déroulent en France, sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, dans le sud-ouest du pays.

Pendant deux semaines, l’Armée de l’air et de l’espace et l’Indian Air Force ont croisé leurs doctrines, leurs machines et leurs réflexes dans un ballet aérien de haute intensité.

Objectif : apprendre à combattre ensemble, mieux, plus vite et surtout, comme une seule force.

Un entraînement centré sur la haute intensité

L’exercice met l’accent sur le combat aérien de haute intensité, avec des scénarios conçus pour reproduire des conditions proches d’un engagement réel.

Pour cette édition, l’Armée de l’air et de l’espace et l’Indian Air Force engagent des moyens significatifs :

  • Côté français : 10 Rafale, 6 Mirage 2000, ainsi que, ponctuellement, un H225M Caracal, un A330 MRTT Phénix et un A400M Atlas.

  • Côté indien : six Sukhoï Su-30MKI Squadron 15 basé à Sirsa.

La présence des Su-30MKI indiens introduit une diversité de capacités et de tactiques, contribuant à enrichir les scénarios d’entraînement et à élever le niveau d’exigence global.

Un défi logistique pour l’Indian Air Force

Pour l’Indian Air Force, le premier enjeu consiste à démontrer sa capacité de projection à longue distance, avec un soutien logistique suffisant pour conduire des opérations dans la durée.

À ce titre, plusieurs avions de transport stratégique sont mobilisés : trois Boeing C-17 Globemaster III ainsi que deux Iliouchine Il-76. Ce dispositif permet d’acheminer personnels, équipements et soutien technique depuis l’Inde jusqu’au territoire français.

photos by : Théo Bénard

Objectifs : interopérabilité et montée en compétence

L’exercice Garuda 2025 vise avant tout à renforcer l’interopérabilité entre les forces aériennes françaises et indiennes. Dans un contexte marqué par la complexification des engagements militaires, il permet d’améliorer leur capacité à planifier et conduire des opérations aériennes conjointes en environnement contesté.

Au-delà de cet objectif central, l’exercice constitue un cadre privilégié pour confronter les doctrines d’emploi, partager les retours d’expérience et affiner les procédures communes. Les équipages s’entraînent à un large spectre de missions, allant du combat air-air , en passant par le ravitaillement en vol, les engagements longue portée (BVR) et le combat rapproché (BFM/dogfight).

Mais Garuda 2025 s’inscrit également dans une dynamique plus large : celle du renforcement des partenariats stratégiques entre puissances aériennes majeures. En multipliant les interactions entre pilotes, contrôleurs et centres de commandement, l’exercice contribue à bâtir une compréhension mutuelle essentielle en cas d’engagement conjoint réel.


Des unités engagées dans un cadre exigeant

Côté français, plusieurs escadrons de chasse ainsi que des moyens de surveillance et de commandement participent à l’exercice.

La présence des Su-30MKI indiens apporte une réelle plus-value opérationnelle, en confrontant les équipages à des plateformes et des doctrines différentes ainsi qu’à des appareils (SU-30) auxquels ils pourraient être confrontés durant des situations de combat réel.

Garuda 2025 confirme ainsi son rôle central dans la coopération militaire franco-indienne, en combinant entraînement opérationnel, projection stratégique et préparation aux engagements de haute intensité.


Et côté spotting ?

Pour les passionnés d’aviation, l’exercice représente également un événement notable.

La présence de Su-30MKI en France reste rare et peu habituelle. Voir ces appareils de conception russe évoluer depuis une base aérienne française constitue une expérience plutôt amusante.

Imposants et particulièrement reconnaissables, les Su-30MKI comptent parmi les plus grands chasseurs que j’ai eu l’occasion de voir et de photographier. Leur silhouette, avec plans canards et tuyères à poussée vectorielle, les rend aussi impressionnants au sol qu’en vol.

Cependant, le spotting à Mont-de-Marsan reste relativement limité. La base offre peu de points d’observation, avec seulement deux zones principales et quelques variantes possibles. Les angles de vue sont donc assez restreints et peuvent rendre les prises de vue répétitives.

La météo s’est montrée changeante tout au long de l’exercice, alternant entre de très belles lumières et des épisodes de pluie parfois intenses.

Malgré ces contraintes, le bilan reste très positif. Entre les Su-30MKI, les C-17 Globemaster III et les Il-76 (aperçus notamment du côté de Toulouse), Garuda 2025 aura offert de belles opportunités, tant sur le plan opérationnel que pour les observateurs.

Le saviez-vous ?

“MKI” du Su-30MKI signifie “Modernisé, Commercial, Inde” (du russe Modernizirovannyi Kommercheskiy Indiski, MKI).






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